Entretien avec Christian Mouza

A l’occasion du stage qui s’est déroulé le mois dernier dernier au dojo de Courtisols, nous avons eu l’opportunité de nous entretenir avec Christian Mouza Senseï, qui animait la rencontre.

Plus tôt dans la matinée, nous avions eu l’occasion de travailler le bokken et de développer le travail d’écoute entre partenaires. Ce maintien de la relation tori/uke s’est ensuite poursuivi au fil des techniques d’aïkido (en particulier irimi-nage et kokyu-nage). Il s’avère que ce travail sur la relation et le lien tient une place chère à Christian Mouza Senseï, comme il nous le confie ci-dessous… entre autres choses !

Bonjour Christian, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et retracer pour nous votre parcours ?

Bien sûr ! Je m’appelle Christian Mouza, je suis 6ème Dan d’aïkido et j’ai commencé l’aïkido en 1982, si je me souviens bien. J’ai pratiqué à Fontenay-aux-Roses, avec Louis Clériot, 7ème Dan d’aïkido et malheureusement aujourd’hui décédé. J’ai fait une bonne partie de mon parcours chez lui (jusqu’au 1er Dan), et c’était vraiment quelqu’un d’intéressant, qui m’a donné envie d’enseigner. Ensuite, au fil des stages, j’ai croisé Christian Tissier et ça a été une révélation ! Depuis ce moment, je le suis régulièrement et fidèlement.
Je suis professionnel de l’aïkido depuis maintenant 25 à 30 ans, j’ai fait un plutôt beau parcours. On m’a nommé pendant un temps Délégué Technique Régional de Champagne-Ardenne et je suis actuellement Délégué Technique Régional de Corse, où je dois me rendre environ une fois par mois… une contrainte énorme ! (rires).

N’est-ce pas trop difficile de conjuguer vie privée, stages, enseignements et pratique personnelle ?

Si, c’est très compliqué. J’enseigne actuellement dans quatre dojos et je travaille pour des associations. Récemment, on m’a nommé référent national de la commission jeune et je suis aussi formateur au niveau des enseignants juniors, pour lesquels je dirige un stage tous les ans à Vichy au printemps… c’est donc compliqué et intense, mais j’y arrive ! (rires). Pour garder une vie privée à ce rythme, la meilleure chose à faire, c’est d’épouser une aïkidokate, et c’est ce que j’ai fait ! (rires).

Concernant votre enseignement, nous nous sommes exercés ce matin au bokken. Quelle place le travail des armes prend-il dans votre pratique ?

Je pense que ce travail est complémentaire à la pratique. J’ai surtout travaillé, avec Christian Tissier, le style de l’école Kashima (Kashima-no-Tachi, école de  kenjutsu fondée par maître Minoru Inaba, et issue de l’école ancienne Kashima Shin-Ryu NDLR). J’adapte ensuite le travail aux armes en fonction de ce que je souhaite enseigner en aïkido… ou pas ! (rires). Mais il reste toujours un lien, que ce soit dans l’attitude ou dans l’engagement par exemple.

Avez-vous pratiqué d’autres arts martiaux ? Si oui, comment cela a-t-il influencé votre aïkido ?

Hé bien j’ai commencé par du kobudo, qui est intégralement axé sur les armes (sai, tonfa, bo, nunchaku, etc.) et j’ai également pratiqué le karaté Shito-Ryu, très lié au kobudo, puisque venant également de l’île d’Okinawa. A l’époque, c’était d’ailleurs le même professeur qui nous enseignait les deux disciplines.  J’ai ensuite découvert les arts internes chinois, avec le Bagua Zhang et le Tai Chi de maître Su Dongcheng, en parallèle de l’enseignement de Philippe Grangé en Bagua Zhang. Et puis je suis 3ème Dan de Chanbara.

La pratique de ces arts a véritablement enrichi ma pratique, surtout les arts internes chinois, que j’adapte à l’aïkido. J’y trouve des liens, des similarités sur les attitudes, les engagements, les ouvertures, les fermetures… j’ai pratiqué assidûment ces arts internes il y a quatre ou cinq ans, et je les pratique encore aujourd’hui ponctuellement.

Vous êtes actuellement 6ème Dan d’aïkido. Comment imaginez-vous l’évolution de votre pratique ? Avez-vous en tête des pistes de travail à explorer ?

Bien sûr, il y a encore tellement de choses à travailler ! C’est notre Senseï Christian Tissier qui nous alimente constamment. Nous sommes toujours en attente, et il est toujours surprenant ! Je n’ai pas d’envie précise, tout est à explorer. Je travaille beaucoup la notion de relation(s), car je reste très influencé par les arts internes.

Pour conclure, que diriez-vous à une personne qui souhaiterait découvrir l’aïkido, mais qui n’ose pas encore se lancer ?

Je lui dirai de se méfier !

Ah oui ?

Oui, car si elle se lance dans l’aïkido, c’est pour toute sa vie ! (rires). C’est un engagement, et si cela l’intéresse vraiment, le seul danger, c’est d’y rester pour toujours ! (rires).

Nous remercions Christian de nous avoir accordé un peu de son temps, le tout avec beaucoup de bonne humeur et de jovialité.

Crédits photos : Raoul Bender, © AAC, tous droits réservés

 

 

 

 

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